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2021-03-06T16:55:21+01:00

LE RÊVE DE LISANDRU...

Publié par Morwenna Mairin Morgan

LE RÊVE DE LISANDRU

EXTRAIT : CHAPITRE 1

Note de l’auteur,

Comme vous le découvrez à la fin de chacun de mes livres, je suis un personnage. Je fais partie d’un vaste imaginaire, une longue lignée de légendes ainsi que d’un monde où le réel et l’irréel se côtoient pour ne faire qu’un.

Je raconte des histoires depuis très longtemps.

Celle-ci m’a été inspirée par un petit garçon né sur l’Île des Merveilles dont je vous ai tant parlé.

Cet enfant prouva son immense courage face à un ennemi invisible : la maladie. Alors qu’il se battait, ne lâchant rien, supportant vaillamment traitements ainsi que bien d’autres tourments, je ne cessai d’admirer chaque jour sa témérité. Il fut mille fois chevaliers tant ses prouesses furent extraordinaires !

Malgré les épreuves endurées, il continuait ses pitreries qui touchèrent mon cœur et mon âme à jamais.

Je n’ai pu l’oublier.

Comme lui, de nombreux enfants font ainsi preuve d’héroïsme face à la souffrance imposée par leur affection.

L’histoire que je vous propose de découvrir ne parle pas de troubles de la santé. Elle raconte seulement comment un petit garçon a su vaincre tous les obstacles par son seul courage, sa détermination, et … l’aide d’un étonnant personnage qui va s’inviter dans cette merveilleuse aventure afin que le rêve de cet enfant devienne une réalité…

 

« La rigueur vient toujours à bout de l’obstacle. »

« Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas. »

Leonard de Vinci

1

Un jour, j'y arriverai !

Les deux mains sur les hanches, Lisandru regardait passer les oiseaux sauvages, la mine renfrognée.

  • Oui, un jour, c’est sûr, j'y arriverai ! pensait-il en mâchouillant un brin d’herbe, le front plissé et l’air songeur.

Lisandru était le fils unique d’une modeste famille de paysan des hautes montagnes.

Il avait un rêve.

Le mot obsession serait plus juste, car cela occupait chaque instant de sa vie, chaque espace de ses pensées.

Il rêvait de voler.

Voler, voler, toujours voler !

Atteindre les cimes des monts enneigés !

Voler avec les corneilles ou les aigles au milieu des nuages !

Voilà quel était le désir le plus cher de Lisandru !

Partout sur les grands plateaux au maquis si parfumé, chacun se moquait de ce « doux rêveur », comme ils s’appliquaient à le nommer.

Il fallait les voir rire à s'en tenir les côtes chaque fois que Lisandru tentait un nouvel exploit. Certes, ses mésaventures finissaient bien souvent dans un buisson épineux. D’ailleurs, la dernière fois où ce fut le cas, il fallut à sa mère plus de trois jours pour ôter les milliers d’épines qui s’étaient logées sur toute la surface de son corps. Certaines de ces hôtes indésirables, un peu trop affûtées, étaient venues se loger dans une région de son anatomie que la bienséance nous empêche, ici, de révéler le nom. Il y eut aussi la fois où il resta plus d'une demi-journée suspendu à la plus haute branche d'un orme centenaire. Il était également difficile de cacher, le matin où il atterrit dans la porcherie du Père Pasquale. Pendant qu’il pataugeait au milieu des porcs et des porcelets, Lisandru sut en cet instant qu'il allait atteindre le summum des moqueries dans toute la pieve. Oui, le summum des moqueries fût atteint, ce jour-là, et même au-delà de ce qu'il pouvait supporter.

C’était ainsi.

Lisandru était devenu le souffre-douleur de tous les gars de son âge.

Cela l’exaspérait.

Parfois, cela lui faisait même de la peine.

Heureusement, sa passion reprenait vite le dessus. Ce nouvel échec n’était rien.

Il savait qu’il réussirait un jour.

Alors, comme à chaque fois, après un lourd soupir, il se remettait à l'ouvrage, bricolant, démontant, sciant, remontant, encore et toujours, une de ses inventions infernales. Il continuait ainsi à alimenter les plaisanteries des uns et des autres.

À cause des chutes répétées de son enfant, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, sa mère allait, chaque jour remercier la déesse-mère comme pour exorciser ses pires cauchemars. Elle accomplissait ses offrandes rituelles de gerbes d'orge et de blé qu’elle liait soigneusement d’une tresse de lin piquée de fleurs bleues séchées.

  • Ma Déesse, merci de me garder, mon cher petit en bon état, priait-elle. Ce sacripant va me rendre folle d'inquiétude à force de vouloir imiter le vol des oiseaux. Ma Déesse, continue à bien le protéger, et essaye de faire comprendre à cet écervelé que si tu avais voulu que, nous, les Hommes, volions, tu nous aurais mis des plumes partout sur le corps et des ailes à la place des bras.

 

Bien évidemment, la pauvre femme continua à se faire mille soucis et à ficeler des gerbes d'orge et de blé liées d'une tresse de lin piquée de fleurs bleues séchées.

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